10 Déc

Revue « Mort de l’enfant au Théâtre »

kali

MÉDÉE –KALI OU LA PUISSANCE DU TEMPS

Revue « Mort de l’enfant au Théâtre »
in « L’ENFANT QUI MEURT » Ed.L’Entretemps-2010

Un entretien avec Laurent GAUDÉ par Dany TOUBIANA
Groupe de recherches sous la direction de Georges Banu (15 Décembre 2007)
Université de Paris III- Sorbonne Nouvelle

KALI DANS LE POLYTHÉISME HINDOU1

kaliDans la cosmogonie indienne, Shiva est le pouvoir représenté par la nuit éternelle dans laquelle tout s’endort. Et cette nuit est la demeure de la présence transcendante du temps que l’on appelle Maha-Kali (Maha, grand- Kala, le temps). Kali (féminin de kala) représente l’énergie, la puissance du temps. Kali est debout sur les débris de l’univers en ruine quand celui-ci retombe au seul pouvoir du temps éternel. Sûre de son pouvoir absolu sur tout ce qui existe, Kali rit de son triomphe. Elle porte un collier de têtes coupées. Dans une de ses mains, elle brandit une tête coupée car rien n’échappe à la toute puissance du temps alors qu’une autre de ses mains éloigne la crainte car elle est au-delà de la crainte et en mesure de protéger ceux qui l’invoquent.

Représentée nue, Kali porte l’immense vide de l’espace comme seul vêtement. Lorsque l’univers est détruit la puissance du temps reste sans voile.

On rencontre Kali auprès des bûchers funèbres, là où les couleurs et les formes se dissolvent pour retourner à la nuit éternelle.

Kali terrible destructrice de l’existence finie et des plaisirs du monde, maîtresse de l’obscurité, recèle la joie primordiale infinie. Lorsque l’individualité a disparu, lorsque le relatif est dépassé, que la puissance du temps est apaisée, se révèle la vraie nature de la nuit éternelle faite de félicité immense et de paix infinie.

MEDEE KALI de Laurent GAUDÉ (Extrait)

Je suis née sur les bords du Gange,
Au milieu d’une foule épaisse qui sentait la lèpre et la sueur.
Un peuple qui baignait sa nudité dans les eaux sales du fleuve…

PRÉSENTATION
C’est entre deux mythes, celui de Médée et de Kali que Laurent Gaudé inscrit le personnage de sa pièce. Celle-ci se découpe en neuf parties, dans lesquelles se déroule le lent monologue d’une femme. Aux confins de la Grèce, aux portes de l’Orient entre légende et monde terrestre, cette femme déroule son histoire terrible comme une trajectoire dans l’espace et le temps…
Médée a tué ses enfants. Le temps a passé mais l’idée que ses fils reposent en terre grecque lui est insupportable. Elle revient sur le tombeau de ses enfants pour les en extraire et rendre sa vengeance totale. Elle s’aperçoit alors qu’elle est suivie par un homme qu’elle ne connaît pas. Il prend garde de ne jamais s’approcher mais la suit obstinément. Elle aime sa présence. Elle lui parle. Cet inconnu sera-t-il son prochain amant ou le plus farouche de ses ennemis ? Elle sent qu’elle sera bientôt à sa merci. Parce qu’il est beau et que Médée n’a jamais su résister à la beauté des hommes.

Médée Kali a été créée au Théâtre du Rond Point en septembre 2003 dans une mise en scène de Philippe Calvario.

LA GENÈSE DE LA PIÈCE/ Entretien avec Laurent Gaudé 

Dany Toubiana : Comment est venu ce désir de revisiter le personnage de Médée ?

 Laurent Gaudé : J’ai longtemps réfléchi au mythe de Médée, et l’idée s’est rapidement imposée de commencer la pièce au moment de son retour. Je ne croyais pas tellement à cette fin du mythe où elle s’en va, et monte dans les cieux sur un char, absorbée par le Soleil. Il ne me semblait pas vraisemblable qu’elle abandonne ainsi ses enfants aux mains des Grecs, qui allaient les enterrer selon leurs propres rites funéraires. Si Médée est bien telle qu’elle est, elle ne peut admettre une chose aussi insupportable. L’idée de départ de la pièce était donc de se dire : et si elle revenait ? Cela pouvait donc être le point de départ d’une pièce : la nécessité d’un retour pour finir le travail d’arrachement des enfants à la famille paternelle. Ainsi elle revient, déterre ses enfants, les brûle pour les anéantir totalement de façon cohérente par rapport à son propre univers (elle vient de l’Inde) ; mais cela ne suffit pas : une fois brûlés, les enfants la suivent, et le retour au pays natal devient nécessaire, jusque sur les rives du fleuve, dans les eaux du Gange, où là seulement elle pourra les rendre et trouver l’apaisement final. Cet aspect mythique fut ma porte d’accès.
Trois « accroches » m’ont alors permis de travailler. Il y a eu d’abord une accroche visuelle : la Médée de Pasolini qui m’a donné envie de remonter plus loin, au-delà de la Cappadoce et de la Turquie, vers l’étrangeté absolue : l’Inde. L’Inde évoque pour moi les castes, les intouchables, les bords fangeux du Gange… J’ai été séduit par l’idée d’un personnage comme celui de Médée, qui s’extrait d’une foule anonyme et grouillante, vouée à une misère d’éternité.
La deuxième accroche fut la lecture du livre de Jean-Pierre Vernant, La mort dans les yeux2, qui fut pour moi une révélation. Ce très beau livre traite de ce qui allait devenir mon thème, ou en tout cas de ce qui m’intéresse dans le mythe de Médée : la stupeur et l’effroi face à la Méduse. Médée Kali fait la jonction entre Médée et la Méduse, en partant de l’hypothèse que Médée est la Méduse. Ayant tué ses enfants, elle devient très exactement la Gorgone, c’est-à-dire l’être devant lequel on ne peut être que terrifié et ravi.
La troisième accroche, enfin, est due à un hasard total : la découverte d’un portrait de Gulabi Sapera, célèbre danseuse gitane du Rajasthan3.
Le costume, la sensualité, le sourire charmeur et arrogant à la fois, cette manière de tourner sur elle-même, cet isolement dans la danse… C’est pourquoi j’ai fait de ma Médée une danseuse.

LA DANSE
Dany Toubiana : La danse revient à trois reprises au cours de la pièce. Au début, Médée s’extrait de cette boue du Gange pour devenir danseuse : « Lorsque je danse, je suis belle et les hommes me regardent » ; elle découvre alors le pouvoir de la danse sacrée sur les hommes. Plus tard, après avoir tué les enfants, elle danse lors d’une orgie au cours de laquelle elle castre les hommes qu’elle rencontre ; et enfin elle exécute une dernière danse à la fin de la pièce. Que représente la danse, pour Médée ? S’agit-il de danser sur le monde, comme Kali ?

Laurent Gaudé : Il s’agissait davantage de trouver une activité qui permette de mettre en jeu le regard. Le thème de la Méduse ne parle que de cela : le regard que l’on a lorsqu’on est spectateur ; et le regard que l’on évite pour ne pas être pétrifié. Comme il s’agit d’un texte de théâtre, cela interroge aussi le regard du spectateur face à ce qu’il voit : est-ce qu’il plonge dedans, ou au contraire est-ce qu’il s’en préserve ? La danse me permettait d’explorer tout cela, d’amener ce thème. Cela fait penser à la danse de Salomé – à ceci près que dans le cas de Salomé il s’agit d’une danse offerte – alors que Médée ne s’offre pas à un homme en particulier. Elle sait que le monde entier la regarde. C’est une séduction absolue, adressée à tous les hommes du monde. A la fin du texte seulement, elle ne dansera que pour Persée, en sachant qu’il la tuera.

 LES VOIX DES ENFANTS

Dany Toubiana : Dans la construction de votre pièce, les enfants ne sont pas physiquement présents sur la scène, mais on entend leurs voix. On a l’impression qu’ils murmurent à l’intérieur de la mère que Médée a été. Chaque séquence de la pièce commence par un court texte en italiques, dit par la voix des enfants : « Les larmes de notre père, nous les avons senties longtemps… » C’est à la fois un leitmotiv et un voyage initiatique, puisqu’il y a une évolution au cours de la pièce… Ces voix d’enfants agissent finalement comme un chœur antique : ils sont à la fois commentateurs et partie prenante de l’action. Ils donnent le cheminement, les étapes, les stations.

Laurent Gaudé : À l’écriture je n’avais – et je n’ai toujours ! – aucune idée très arrêtée sur le devenir scénique de ces paragraphes-là. Je n’ai pas d’opinion sur la question de savoir s’il faut que les enfants soient incarnés sur la scène, s’il peut suffire d’une voix off en micro… Je suis attaché à ce qu’ils soient présents d’une manière ou d’une autre, sans pour autant en avoir fait des personnages à part entière. Leur texte est présent, et il faut le traiter. Cette idée de stations, ponctuées par une parole qui ne soit pas celle de Médée, me plaisait bien. Cela permet qu’il y ait, au cœur d’un monologue de Médée, des gens qui parlent d’elle, qui fournissent un point de vue sur elle, pour qu’elle ne soit pas la seule à parler. Ils l’interpellent, lui parlent du père, de ce qu’elle leur a fait, de ce qu’elle est…
Cela m’a permis aussi de résoudre un problème : puisqu’il s’agit du retour de Médée, le cœur du mythe c’est-à-dire l’infanticide proprement dit, est déjà passé… Mais le meurtre a beau avoir eu lieu il y a longtemps, il est tout de même le sujet de la pièce ! J’avais donc un déficit de présence du cœur même du sujet. Deux moyens me sont restés pour le combler : les évocations faites par Médée (on revit avec elle le moment où elle a tué ses enfants, selon le principe du flash-back) et surtout les voix d’enfants, qui permettent de réactiver la tension.

Georges Banu : Cela rejoint la question de la représentation des fantômes, que Monique Borie a abordée dans son livre4. C’est un choix de mise en scène : faut-il représenter, ou ne pas représenter ? Dans Médée Kali, ces voix d’enfants sont l’ouverture indispensable à un texte de théâtre : il revient au metteur en scène et au spectacle d’apporter la résolution. Ces voix peuvent être dites, par exemple par des enfants que l’on verrait de dos, comme des ombres – comme sur cette très belle image de kabuki, où l’on voit non pas l’enfant mort, mais l’ombre d’un enfant mort5. Cela ouvre des perspectives extrêmement complexes pour la représentation : doit-elle être directe et concrète, ou l’inverse ? Il y a d’ailleurs une sorte de principe de contradiction par rapport à Médée : à la fin, il ne lui reste plus que « les ombres » de ses enfants à embrasser.

Laurent Gaudé : En fait, je me suis moins posé la question des corps et de l’espace que la question musicale. Je m’en suis rendu compte lors de la première représentation, lors de la création : entendre des voix d’enfants était extrêmement important. Que ces voix enfantines, au grain si caractéristique, si jeunes et si frêles, portent un texte si lourd et si tragique, créait une diversité qui me plaisait beaucoup. Il était important de ne pas rester uniquement avec la seule voix de Médée et d’avoir une pluralité ; et aussi de faire éprouver le trouble qu’il y a à entendre une voix très jeune parler de choses très graves.

Georges Banu : C’est ce qui est original ici : d’habitude, on assiste soit à un infanticide, soit à un accident ; mais généralement l’enfant tué demeure muet.

Dany Toubiana : Les enfants donnent aussi le mouvement à l’ensemble de la pièce. A la première station, ils parlent du père ; à la deuxième, ils évoquent la douce chaleur maternelle, en même temps que sa férocité et sa toute-puissance ; puis, à la quatrième station, viennent l’inquiétude, la tension, un mélange d’envie de voir leur mère et de terreur à la perspective d’être déterrés et brûlés. Elle est explicitement comparée à une « chienne », animal à la fois menaçant et protecteur pour les enfants.
À la septième station, les enfants reviennent : ils ont grandi, et veulent la suivre. Médée les immerge dans le Gange où ils se dissolvent, comme une délivrance, qui sera aussi celle de Médée. Les enfants offrent à Médée la possibilité de se délivrer de cet infanticide dont elle reste coupable éternellement, comme une sorte d’absolution…

Laurent Gaudé : Au départ, Médée n’est pas en paix. Quelque chose la tourmente. Dans un premier temps, elle revient pour faire encore pire que ce qu’elle a déjà fait : elle les avait tués, à présent elle va les déterrer, les brûler, etc. Le fantasme qu’elle poursuit, en croyant qu’une fois les enfants brûlés, tout sera vraiment terminé, est battu en brèche par cette réapparition des enfants. Le harcèlement s’inverse : ce sont les enfants, qui, à sa grande stupeur, sont encore présents dans sa tête, et continuent à l’appeler, à l’invoquer, à lui demander ce qu’elle fait. Médée se dirige alors vers le Gange et sa terre natale. La fin est effectivement un soulagement réciproque : les enfants, dont la dissolution est totale, sont enfin sûrs de lui échapper à jamais, tout en étant de retour sur la terre de leur et tout est enfin réglé pour Médée.
L’enfant mort, assassiné ou accidenté, apparaît (au théâtre) parfois comme un fantôme qui vient hanter l’esprit; il parle rarement. J’ai choisi de faire parler les enfants de Médée, et en plus de leur donner une action dramaturgique sur le cours des choses. Ce ne sont pas seulement des figures qui viennent hanter le présent, tels qu’ils étaient au moment de leur mort. Le cycle de la Nature continue pour eux : ils grandissent, posent des questions, agissent sur le sens de la pièce.

Georges Banu : L’infanticide a lieu aussi en raison de la rupture entre l’étranger et le Grec ; la pacification finale, ici, vient aussi de la réintégration de ce monde primitif. La problématique de l’étrangeté ne se pose plus, dès le moment qu’elle est de retour sur ses terres d’origine.

POURQUOI L’INFANTICIDE ?

Laurent Gaudé : Il ne faut pas mettre sous le titre de Médée tout infanticide mère / enfant. Ce meurtre-ci est littéralement adressé à l’homme, à Jason. C’est cela qu’il faut interroger : quel est ce désir de tuer les enfants vis-à-vis du père ? Je n’ai pas la réponse, tout au plus des bribes d’hypothèses, comme le fantasme de gommer le temps : tuer les enfants, c’est enlever le temps qu’on a passé à les élever. Cela peut aussi être lié au fait que l’enfant est celui des deux : l’enfant n’est pas la réduction en petit de ce que l’on est, il est aussi la réduction de ce qu’est l’autre. C’est un mélange des deux, et cela peut être extrêmement exaspérant dans le cas d’un couple habité par la haine et la destruction. Avoir sous les yeux le portrait de celui qu’on déteste, ou qui vous a brisé, est insupportable. Je pense qu’il y a de cela chez Médée : le meurtre des enfants est aussi la destruction d’éventuelles traces à venir de Jason. La psychiatrie pourrait aussi expliquer que tuer l’enfant revient à tuer le substitut du père ; mais la psychiatrie n’a aucune arme face à Médée, qui reste avant tout une construction mythologique.

Dany Toubiana : Médée se transforme en Kali, pour arriver à la nuit la plus absolue et à une sorte d’éternité au-delà du temps. Son voyage initiatique se fait donc dans le temps et dans l’espace. Quand on pense à l’infanticide des petites filles en Inde, on se dit que Médée, appartenant à une caste d’intouchables, aurait pu être tuée, et qu’elle y échappe par la sensualité et la danse, qui la rendent indispensable aux hommes qu’elle rencontre. Peut-on rattacher son mythe à autre chose que l’Inde ; à l’Afrique, par exemple ?

Laurent Gaudé : On peut se demander dans quelle mesure il ne s’agit pas d’un stratagème de fiction. Si on accepte l’idée qu’à travers le mythe de Médée, on explore le pulsionnel inquiétant qui est au fond de chacun de nous, poser un monde dans lequel tout cela devient naturel et normal peut être un moyen de rendre l’exploration plus facile . L’étrangeté de Médée est fondamentale : cela décuple son incapacité à s’adapter. Ses enfants sont non seulement un peu de Jason, mais un peu de la Grèce, et cela lui est d’autant plus insupportable qu’elle est étrangère. Elle a fait tout ce chemin pour venir ; elle a accepté et épousé, au sens propre du terme, la civilisation de l’autre, puis elle est rejetée, sans possibilité de retour.
Si Médée était dans son pays, cela se transformerait probablement en Guerre de Troie : elle retournerait vers sa famille pour dire ce que Jason lui a fait, et cela se solderait par une guerre tribale entre le clan de Médée et le clan de Jason. Alors que là, elle est seule, et cette solitude est créée par son caractère d’étrangère, son étrangeté.

Georges Banu : En aidant Jason à voler la Toison d’or, elle s’est isolée de son monde ; cela accentue son désarroi, car elle est rejetée d’un côté comme de l’autre. Mais le meurtre de ses enfants n’est-il pas aussi le signe de son désarroi absolu face à la vie ? Elle interdit à ses enfants de lui survivre. C’est une sorte de déni de filiation, de survie. Pour sanctionner Jason, et aussi pour les empêcher d’être confrontés à ce désastre …

Laurent Gaudé : Le meurtre des enfants est aussi le refus de s’inscrire dans une généalogie, de l’assumer. Le fantasme de la paternité consiste à se dire que l’on va mourir mais qu’il restera quelque chose de nous à travers les enfants et les petits-enfants. C’est une transmission, non pas de patrimoine, mais de caractéristiques. Médée s’interdit cette solution. C’est une sorte de suicide superlatif. Elle ne vivra pour personne dans les temps futurs – mais son geste la fait paradoxalement entrer dans le mythe – et du coup, la fait immédiatement accéder à l’éternité… Quant aux enfants, ils ne sont pas du tout considérés comme des individus à part entière ; ils ne sont que des excroissances de Médée, des boules de chair sur lesquelles elle a droit de vie et de mort. (…) C’est plus vraisemblablement au cœur même de Médée qu’il faut chercher la faute : elle s’est trahie elle-même, éloignée d’elle-même, en maudissant les siens. Sa faute, c’est ce renoncement. Le meurtre des enfants pourrait alors être entendu comme une automutilation : elle retire d’elle-même la partie qui est née de sa faute, elle supprime ce qui est né à partir du moment où elle a abandonné les siens.(…) C’est peut-être aussi pour cela qu’elle considère que ses enfants ne peuvent pas rester en vie : alors qu’elle n’a plus d’espace, eux en ont un. Ils sont plus grecs qu’elle ne l’est, cette terre est la leur ; alors que, étant chassée, elle devient l’apatride absolue, au-delà même de l’aspect géographique. Elle rejoint une sorte de lieu mythologique, équivalent de la montée au ciel sur son char : elle gagne l’Ailleurs. Dans le grand territoire qu’est la mort de l’enfant, le chapitre «Médée» est vraiment très particulier !